L'ascension des machines : quand des robots humanoïdes font du kung-fu au gala du Nouvel An chinois
L'ascension des machines : quand des robots humanoïdes font du kung-fu au gala du Nouvel An chinois\n\nLors du gala du Nouvel An chinois de 2026, les téléspectateurs ont assisté à un spectacle étrange : 24 robots humanoïdes effectuant simultanément des démonstrations de kung-fu sur scène - boxe Shaolin, boxe de l'homme ivre et même nunchakus.\n\nCe n'est pas un film de science-fiction. C'est une émission de grande écoute de la télévision nationale, destinée à près d'un milliard de téléspectateurs.\n\nUn an auparavant, ces mêmes robots se traînaient péniblement lors du semi-marathon de Pékin, trébuchant, perdant des membres, les ingénieurs les poursuivant derrière, en sueur. À l'époque, cela ressemblait à une farce. Maintenant, ils font du kung-fu.\n\nQue s'est-il passé ?\n\n## Un changement qualitatif en un an\n\nLe rythme des progrès des robots humanoïdes est tel que le terme \Cette question n'a pas été répondue. Mais la présentation au Gala de la Fête du Printemps rend cette question urgente. Lorsque des robots exécutent des arts martiaux traditionnels sur scène – un symbole de la culture chinoise – ils ne sont plus de simples outils, mais en quelque sorte des « participants ».
Percée dans l'entraînement
Le principal défi des robots humanoïdes n'est pas la fabrication, mais l'entraînement.
Un robot peut avoir un matériel parfait, mais s'il ne sait pas comment l'utiliser, ce n'est qu'un tas de métal et de moteurs. La méthode d'entraînement traditionnelle est la programmation – les humains disent au robot quoi faire à chaque étape. Mais cette méthode n'est pas évolutive. Les humains ne peuvent pas écrire des instructions pour chaque scénario possible.
Les nouvelles méthodes sont « l'apprentissage par imitation » et « l'apprentissage par renforcement ».
"At Fourier Robots, humanoid robots are learning household tasks through teletraining. Operators wear brain-computer interfaces and exoskeleton arms. Neural intent and physical motion are streamed into the robot as training signals." — @xmaquina
C'est l'avenir : les humains le font une fois, les robots l'apprennent une fois. Pas besoin de programmation, juste une démonstration.
La solution de Tesla est plus radicale : entraîner des millions de robots dans un environnement simulé, leur permettant d'essayer toutes les tâches possibles dans un monde virtuel, puis de transférer les compétences acquises au monde réel. C'est ce qu'on appelle le « sim-to-real ».
La question de l'utilité pratique
Les robots qui font du kung-fu au Gala de la Fête du Printemps sont cool. Mais que peuvent-ils faire d'utile ?
C'est une question juste. Actuellement, la plupart des « applications phares » des robots humanoïdes sont encore des démonstrations. Ils peuvent danser, se produire, faire du streaming en direct – mais ce sont des choses qui « semblent utiles » plutôt que « réellement utiles ».
Quels sont les scénarios réellement utiles ?
- Environnements dangereux : centrales nucléaires, usines chimiques, secours après sinistre
- Travail répétitif : tri logistique, assemblage en usine
- Secteur des services : service hôtelier, service de plats dans les restaurants
- Assistant domestique : nettoyage, cuisine, soins aux personnes âgées
Le point commun de ces scénarios : la nécessité pour des robots de forme humaine d'entrer dans des environnements conçus par l'homme. Les robots à roues ne peuvent pas monter les escaliers, les robots quadrupèdes ne peuvent pas utiliser les outils humains. Seuls les robots humanoïdes peuvent s'intégrer de manière transparente dans le monde humain.
Le problème est le coût. Un robot humanoïde capable de faire ces tâches coûte actuellement des dizaines de milliers de dollars. Économiquement, il est encore moins cher d'embaucher des humains.
Le point de vue géopolitique
Les robots humanoïdes ne sont pas seulement un problème technique, mais aussi un problème géopolitique.
"Elon Musk says with the absence of breakthrough innovations in the US, China will utterly dominate." — @niccruzpatane
Ce jugement est peut-être trop pessimiste, mais la direction est la bonne. La concurrence dans le domaine des robots humanoïdes n'est pas seulement une concurrence technologique, mais aussi une concurrence en matière de chaîne d'approvisionnement, de capacité de fabrication et d'investissement en capital.
Dans ces dimensions, la Chine est actuellement en tête. Les États-Unis ont un avantage en matière de logiciels et d'IA, mais le matériel et la fabrication se concentrent en Chine.
Ce qui est intéressant, c'est la réponse d'Elon Musk :
"U.S. companies need to move now on robotics cooperation with China." — @mitchpresnick
Ce n'est pas une déclaration politiquement correcte, mais c'est peut-être un jugement pragmatique. Dans le domaine des robots humanoïdes, le coût d'un découplage complet est la perte du marché.
L'imagination récursive
Tesla a proposé une vision encore plus radicale : des robots auto-réplicables.
"Tesla Optimus Robots will build themselves in the future: Recursive Multiplicable Exponential." — @niccruzpatane
La logique de cette idée est la suivante : si les robots peuvent fabriquer des robots, la capacité de production augmentera de façon exponentielle. Pas besoin de plus d'usines, juste plus de robots.
Cela ressemble à de la science-fiction. Mais l'histoire de la technologie nous dit que la science-fiction d'aujourd'hui pourrait être la réalité de demain. Les ordinateurs étaient autrefois des machines de la taille d'une pièce, que seuls les gouvernements et les universités possédaient. Aujourd'hui, tout le monde en a un dans sa poche.## Le rôle de l'humain
Quand les robots peuvent faire de plus en plus de choses, que font les humains?
Vision optimiste: Les robots libèrent les humains, nous permettant de nous concentrer sur un travail plus créatif et plus significatif.
Vision pessimiste: Les robots remplacent les humains, causant un chômage massif et des troubles sociaux.
La réalité se situe probablement entre les deux. Certains emplois seront remplacés, certains nouveaux emplois seront créés. Le processus de transition sera douloureux, mais pourrait finalement conduire à une productivité accrue.
"Obviously lots of jobs will remain post-AGI for awhile like: plumber, electrician, construction, nurse, caretaker... That is until humanoid robots that run on AI takeover those too (10-20 years?)" — @levelsio
Cette chronologie pourrait être exacte. Les robots humanoïdes dans les démonstrations ressemblent déjà beaucoup aux humains, mais il faudra encore 10 à 20 ans dans la réalité pour remplacer massivement les emplois manuels.
Conclusion
Les robots faisant du kung-fu au Gala de la Fête du Printemps sont un symbole.
Il symbolise le passage des robots humanoïdes du laboratoire à la vue du public. Il symbolise l'ambition de la Chine dans le domaine de la robotique. Il symbolise l'accélération du progrès technologique.
Mais les symboles ne sont pas la réalité. La vraie question est: quand ces robots pourront-ils faire des choses vraiment utiles? Quand les coûts baisseront-ils au point d'une adoption massive? Quand la formation atteindra-t-elle une véritable intelligence générale?
La scène du Gala de la Fête du Printemps est petite. La plus grande scène est le monde entier.
Cet article est basé sur une analyse de 100 discussions sur les robots humanoïdes sur X/Twitter, datées du 18 février 2026.





